La BD interdite

Avec des parents qui lisaient énormément et une maison pleine de livres, j’avais également l’occasion très régulière de me rendre à la librairie avec eux : si la bibliothèque est ma seconde maison, la librairie est la troisième ! Aujourd’hui maman, j’y entraîne ma fille qui adore s’y perdre des heures avec moi, à regarder les dernières parutions, les livres qu’on aimerait posséder, ceux qu’on empruntera à la médiathèque ou encore ceux qui feront l’objet de cadeaux d’anniversaire ou de Noël.

Notre antre favori était (et est toujours !) le Hall du Livre, rue Saint Dizier à Nancy (Meurthe et Moselle). Cette maison existe depuis 1925 et se situe en plein centre-ville, à deux pas de la Place Stanislas.

Illustration d’après l’une de mes photographies.

Mon père y trouvait des livres d’Art et d’Histoire, ma mère des romans et moi, j’aimais errer dans les rayons littérature étrangère, romans policiers et bandes-dessinées. J’avais le droit d’y rester seule, à feuilleter les œuvres, en attendant que mes parents viennent m’y chercher un peu plus tard. C’est ainsi que j’ai découvert l’illustrateur Claude Serre.

Claude SERRE, illustrateur français.

Né en 1938 à Sucy-en-Brie et mort en novembre 1998 à Caen d’un accident de la circulation, Claude SERRE est un dessinateur français. D’abord décorateur de porcelaine puis de vitraux, il débute sa carrière de dessinateur humoriste en 1962 pour la presse. Dix ans plus tard, il rencontre Jacques Glénat, pour lequel il réalisera son premier album satirique « Humour noir et Hommes en blanc ». Les albums qui suivront s’attaqueront à différents thèmes de notre société, tels que « Le Bricolage », « Le Savoir-Vivre » ou « La Bouffe ». Ses oeuvres ont été traduites dans de nombreuses langues étrangères.

Photo © Glénat

Je devais avoir douze ans et me délectais de son humour noir que l’on appellerait aujourd’hui « trash » voire « gore ». Les illustrations que je préférerais, souvent en noir et blanc, parfois en couleurs, tiraient des portraits satyriques de certains métiers ou situations sociales. Serre dessinait la société dans son absurdité, sans être insolent mais toujours avec justesse et d’un point de vue caustique. Il a dessiné l’actualité et la société durant près de quarante ans.

Il y a peu de temps, je me suis offert 3 albums que je voudrais faire découvrir à ma fille, qui adore l’humour noir ; je les ai trouvés d’occasion sur Internet :

Pour moi, c’était la BD interdite : mon père ne m’aurait jamais permis de lire ce genre d’humour noir à l’âge que j’avais quand j’ai découvert cet artiste ; il y avait bien trop de sang ou de situations satiriques « pas pour les enfants » dans ces planches BD…

Et bien, je les ai toutes lues !

Mes premiers pas en BD

Dans ma famille, on a toujours aimé la bande-dessinée. Mon père lisait les titres de son enfance, aujourd’hui devenus des classiques et ils sont tous devenus mes références, mes premières inspirations.

L’un de mes oncles en dessinait une excellente, dont l’histoire se déroulait au XVIIIème siècle et l’un de mes frères dessinait également de temps à autre des planches un peu trash mais d’une telle finesse de dessin que j’en reste encore admirative aujourd’hui car il était très jeune et autodidacte. Quant à ma fille, elle lit énormément de mangas et dessine certains de ses personnages préférés.

Mon père avait donc dans son immense bibliothèque des étagères réservées à la bande-dessinée, qui côtoyaient celles des livres d’Histoire, d’Art, d’Histoire de l’Art, de Philosophie, de Sociologie, des encyclopédies, des romans d’aventure… Il y avait aussi tous ses vieux livres, héritage familial ou de collection, eux-mêmes chinés aux 4 coins du monde.

Ainsi, je faisais mon marché, comme dans une librairie. Et j’ai lu et relu toutes ses BD. Avec les Schtroumpfs, c’était l’aventure et l’amitié, avec Tintin, des  enquêtes à résoudre dans des contrées lointaines, avec Lucky Luke, le triomphe du gentil sur les méchants.. et tout ceci avec une dose d’humour, de mystère et un parfum de voyage dans l’espace et dans le temps. Aujourd’hui encore, je les relis de temps à autre et je continue de lire les tout-derniers albums des Schtroumpfs et d’Astérix qui sont publiés régulièrement.

Puis, un jour d’automne 1985, je me suis cassée le bras droit. Je n’avais que 10 ans et j’écrivais des morceaux de romans, à la main, sur la machine à écrire de ma tante ou sur l’IBM de mon père. J’avais voulu épater ma voisine-copine en esquissant une cascade à grande vitesse sur un trottoir peu sécurisé avec mes patins à roulettes. Ma démonstration a pris fin sur les fesses et avec l’avant-bras droit brisé. Trois mois de plâtre et des cheveux en pétard.

Ma maman écrivait à ma place la plupart de mes devoirs et je me trouvais bien handicapée par ce plâtre assez lourd. Au final, afin de m’occuper différemment puisque je ne pouvais pas écrire longtemps de la main gauche, je me suis mise à dessiner de la bande-dessinée. Je m’inspirais de toutes mes lectures et de mes illustrateurs préférés (Franquin et Peyo par excellence). Je me souviens de mon tout-premier crayonnage, je l’ai fait en classe (j’étais en CM2) car je venais d’inventer un personnage, Léo, employé de bureau maladroit et fou amoureux de sa collègue Sapristie (vous aurez deviné la forte influence de Franquin sur une gamine de 10 ans ^^). Quant aux textes, c’était des blagues de mon âge. Au début, je dessinais au crayon à bille bleu sur des feuilles de classeur.

J’ai 10 ans et nous sommes en 1985 :

© 1985 « Léo & Sapristie » par Hari Green Berry

Et je n’ai jamais arrêté de griffonner de la bande-dessinée. Grâce à ce radius cassé, j’ai inventé des dizaines de personnages, illustré des planches entières, en noir et blanc et en couleurs, écrit maintes et maintes histoires (toujours sur un ton humoristique ou sarcastique)…

Lorsque j’ai eu 14 ans, j’ai réalisé une bande-dessinée entière, intitulée La Noireaude, en écho au dessin animé (*) du même nom (à une lettre E près) que je regardais enfant. Comme j’ai la peau mate, un jour, une blague a fusé et mes amis m’ont surnommée la Noireaude. Alors je me suis représentée sous la forme d’une petite vache noire et blanche et j’ai écrit cette bande-dessinée où je racontais les mésaventures de la petite Noireaude et de tous ses amis. Cette BD a été entièrement réalisée au crayon de papier.

A cette époque, j’ai commencé à caricaturer mes camarades de classe et mes professeurs avec un style ultra-minimaliste.

L’un des principes était que mes personnages n’avaient pas de corps apparent. Tout se jouait dans leurs expressions de visages, leur gestuelle et leurs postures.

© 1989 « One Adventure of our cow, The Swarthy or La Noireaude » par Hari Green Berry

La couverture originale, au crayon de papier, que je me suis amusée à encrer numériquement :

On peut lire la préface ci-dessous :

Et pour votre plus grand plaisir, voici deux planches, pages 01 et 08 © 1989 Hari Green Berry :

© Toute reproduction est interdite.


(*) Le dessin animé original qui mettait en scène une vache qui se plaignait sans arrêt par téléphone à son médecin, s’appelait « La Noiraude « .

La Noiraude est une série télévisée d’animation française en 61 épisodes de trois minutes, créée par Jean-Louis Fournier et Gilles Gay, diffusée en 1977 sur TF1 dans l’émission L’Île aux enfants et rediffusée à partir du 22 janvier 2008 sur Gulli. [Source Wikipédia]

Fan Art

J’ai offert à ma fille un maxi-portrait au format A3 d’elle-même entourée de plusieurs personnages fictifs d’anime qui la passionnent et de plusieurs artistes réels qui l’inspirent. La liste complète des personnes représentées se trouve sur mon compte Instagram (@hariberrybd), sur la publication relative à cette illustration. Ce portrait est entièrement réalisé à la main, sur papier layout, aux encres à alcool, à l’encre de Chine et crayons de couleurs.

© Hari Green Berry – Juillet 2020 – Cliquez sur l’image pour la voir en grand.

A très vite pour d’autres portraits, j’en ai un petit stock 😉

On dit « Bon anniversaire Thierry ! »

Madame a offert à Monsieur, pour son 50ème anniversaire, un premier portrait de ses deux fils et lui, réalisé aux encres à alcool, avec les détails qui représentent leurs passions, occupations et traits de caractère.

Devineriez-vous qui aime quoi ? (les réponses sont à la fin de cet article)

200508_Thierry50_IG

Sur mon compte Instagram (@hariberrybd), j’ai posté les 3 étapes de ce dessin.

Astuce : Il m’arrive souvent de faire mes recherches d’esquisse à la tablette numérique, dans un premier temps, puis d’encrer et d’imprimer, dans un second temps, en 50 nuances de gris très légères et de tout retravailler à la main, avec feutres noirs et marqueurs à alcool. J’évite ainsi les séances de gommage et le risque de marquer la feuille ou de la froisser.

Madame lui a également offert un portrait d’amoureux, sur papier kraft, avec leur réplique favorite.

Sandrine_et_thierry_kraft_1080
Illustration retravaillée sous ClipPaint Studio.

A bientôt.

ha-ha-hari

Alors, vous avez trouvé les réponses à la devinette ?

200508_Thierry50_devinette

On connaît la chanson !

Si j’entame les dernières illustrations pour le roman « Le Voyage d’Aliosha », avec tout un travail de superposition sur les dessins de l’auteure Tenzin Tsémé, je prends également le temps de dessiner quelques saynètes dans l’air du temps.

Aujourd’hui, on mixe confinement et Disney+

Soon Soon !

ha-ha-hari

Et chez vous ?

Nous entamons notre quatrième semaine de confinement en France. Toutes mes pensées vont au personnel soignant, à toutes les personnes contraintes de travailler, à ceux qui sont malades du corona ou d’autre chose, à ceux qui ont perdu un être cher. Mille pensées et d’ondes positives. N’oubliez pas de vivre intensément le moment présent, car nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir*. J’ai conscience d’avoir beaucoup de chance d’être en bonne santé.

Pour détendre l’atmosphère et continuer à dessiner, je propose sur Instagram un petit comic-strip qui, attention, n’a rien d’autobiographique : il pourrait correspondre à ce que vivent pas mal de mamans en ce moment, entre le télétravail, la gestion de la famille, l’école à la maison, les problèmes de réapprovisionnent, etc. Je me suis inspirée de conversations avec mes amies mères de famille, qui, pour la plupart, vivent ce genre de situation et je me mets en scène, pour caricaturer.

D’autres saynètes suivront, ainsi que de nouveaux portraits.

nb : Ce comic-strip étant destiné à Instagram, les formules « Swipe – faire glisser » ne servent à rien ici ^^

Merci de m’avoir lue ! A très bientôt et prenez soin de vos proches et de vous !

*Carpe diem quam minimum credula postero – Horace.

Les copines, c’est la vie !

En cette période de fermeture de lycée, de confinement, de restrictions…#coronavirus…ce qui gène le plus les élèves, c’est de ne pas pouvoir se retrouver entre potes^^ …parce qu’à cet âge-là, les amis, c’est la vie, la base, le sang.

Il reste les réseaux, les jeux vidéo, les cours en ligne, les sms…

Et moi, je dessine pour ces amies qui veulent immortaliser leur authentique amitié.

Portraits réalisés aux encres à l’eau, à alcool, de Chine et quelques crayons de couleur.

Amies depuis la maternelle : les années lycée.

Ma meilleure pote est trop stylée.

En attendant, prenez bien soin de vous, de vos proches et des autres êtres humains.

Meilleurs Vœux 2020 !

Me voici enfin, en ce début de nouvelle année, pour vous souhaiter ici le meilleur pour 2020. Que cette nouvelle année vous offre de nouvelles perspectives, des idées de projets, des rêves simples ou grands, et de trouver le bonheur dans les petits riens du quotidien.

Everybody’s fighting a battle you don’t know about.
Be Kind. Always.

(Noora Saetre, SKAM)

Pour ma part, j’ai beaucoup dessiné depuis le mois d’octobre jusqu’à la veille des vacances de Noël, afin d’honorer mes commandes de caricatures BD pour les cadeaux de fin d’année.

Maintenant qu’ils sont tous arrivés à destination (pour certains, à l’autre bout du monde ! malgré les grèves et la période très chargée), et qu’ils ont tous été offerts, je peux vous en montrer quelques uns.

©2019 – Hari Green Berry – « Papy, Mamie et Compagnie »
©2019 – Hari Green Berry – « La Demande en Mariage »
©2019 – Hari Green Berry – « La Famille Maboule »
©2019 – Hari Green Berry – « A la Plage »
©2019 – Hari Green Berry – « Le Grand Saut »

Bon, je vous laisse devenir les métiers, activités et passions de chacun des personnages ^^

Mon carnet de commande s’est déjà vite rempli en ce début d’année : si vous envisagez de passer commande, vous pouvez le faire dès à présent et on en parle, en fonction de la taille de votre projet.

Un petit mail et HOP ! vous recevez la fiche de « Comment ça marche » et « Combien ça coûte » arrive ensuite.

En ce qui me concerne, je retourne à mes illustrations pour le roman d’Aliosha, on touche au but, la deadline de livraison n’est plus très loin.

« Dessine Ton Selfie » dans une église.

Samedi, j’ai animé mon atelier ©Dessine Ton Selfie dans un lieu extraordinaire : l’ancienne église catholique de la commune de Terville. Le bâtiment a été entièrement restauré et aménagé en médiathèque et la conception originale du bâtiment religieux a été intégrée dans sa nouvelle vocation culturelle. Un lieu calme et stimulant pour enseigner le dessin sous de bonnes ondes, dans un lieu hautement inspirant par son architecture, sa luminosité et son histoire.

De plus, j’ai été accueillie par une équipe dynamique et souriante, très investie dans son métier et aux petits soins avec les enfants et moi.

La cerise sur le gâteau a été d’animer l’atelier pour un groupe d’enfants passionnés de dessin, de manga et/ou de bande-dessinée ; l’équilibre du groupe était parfait, entre enfants concentrés et enfants curieux et connaisseurs. L’échange a été enrichissant et chacun est reparti avec son autoportrait façon BD, encré, colorisé, prêt à encadrer.

J’ai offert quelques cartes illustrées aux participants et mis à disposition le matériel de base. Chacun a apporté ensuite sa trousse de feutres ou de crayons de couleurs. La médiathèque a également prêté du matériel supplémentaire.

Quelques portraits en exposition, pour en parler avec les jeunes.

Les enfants en pleine création :

Ce fut vraiment un très bel après-midi, comme à chaque fois que je partage ces moments créatifs avec des personnes motivées.

Pour d’autres images et autres news, Rendez-vous sur Instagram !

Atelier en vue.

Hello ! A mon agenda en ce moment, parce que la lecture est pour moi quelque chose d’important et qui doit être encore et toujours partagée avec le plus grand nombre :

Lire en fête… partout en Moselle !

La 13ème édition de Lire en fête… partout en Moselle ! aura lieu du 1er au 31 octobre 2019 et sera marquée par un retour à l’origine de la manifestation.

Opération de sensibilisation au livre, à la lecture et à l’écrit sous toutes leurs formes, Lire en fête… partout en Moselle ! permet de conforter les bibliothèques du réseau de lecture publique comme lieux de culture de proximité ouverts à tous.

Lire en fête… partout en Moselle ! est également un événement destiné à mettre en lumière la chaîne du livre, dans toute la variété de ses composantes. Ce temps fort valorise également des actions menées tout au long de l’année, dans l’ensemble des bibliothèques.

Pour cette 13ème édition, la Direction de la Lecture Publique et des Bibliothèques propose de mettre à l’honneur les personnes impliquées dans cette chaîne : auteurs, illustrateurs, éditeurs, imprimeurs et libraires seront invités en bibliothèques pour des temps d’échange et de partage avec le public. 

Voir le site officiel >> ICI.

Atelier gratuit et ouvert à tous, à partir de 10 ans.
Nombre de places limité.
Sur inscription auprès de la Médiathèque de Terville : 03 82 86 09 84.

A bientôt !